Accueil       Actualités
Inscription à la Newsletter
Réunion sur le thème des législatives de juin prochain autour de mes amis et adhérents de la 4ème circonscription
Actualités cantonales - Le 14 mars 2017
 Discours prononcé ce vendredi 3 mars à Corbie où j'ai annoncé mon choix de ne pas me représenter aux élections législatives de juin prochain.
 Ainsi donc, nous y sommes: Il me faut vous dire quelle conclusion j'ai tirée de la loi dite d'interdiction du cumul de mandats. Pour être franc, j'ai longtemps espéré qu'elle ne soit jamais mise en œuvre. C'est une loi stupide comme toutes celles qui sont écrites sous la pression. Parfois, c'est celle de l'événement. L'émotion nécessite une réponse. Alors on légifère dans l'urgence. Ici, la pression, c'est celle des medias qui depuis dès années répètent à l'envie que c'est un système qui empêche le renouvellement démocratique en refusant de voir que ,démocratiquement , les électeurs élisent et réélisent des "cumulards ". Selon eux, ce cumul est à l'origine de l'absentéisme parlementaire alors que tant de raisons,que la presse spécialisée connaît bien, expliquent qu'un député ne peut en même temps être dans l'hémicycle et en commission et en groupe d'études ou en commission d'enquête car tout se déroule en même temps. Et toutes ces affirmations en n'oubliant de répéter que cumuler les mandats ,ce n'est pas cumuler les indemnités puisque celles ci sont écrêtées à hauteur d'une fois et demie celle des parlementaires qui, elles,n'ont pas évolué depuis plus de 10 ans.Cette loi est stupide parce qu'elle ne résoudra pas le problème de l'absentéisme car les députés devront toujours partager leur temps entre Paris et leur circonscription ou leurs électeurs veulent les voir. S'ils ne le font pas, ils seront avalés au prochain scrutin par des élus locaux départementaux ou régionaux venant annoncer ici ou là toute mesure sonnante et trébuchante de leur collectivité. Quand comprendra t on que l'absentéisme est uniquement lié à nos institutions qui ont été conçues pour rendre très difficile le contrôle parlementaire de l'exécutif, ce qui est son rôle majeur à côté du vote de la loi, au point de rendre parfois le parlementaire circonspect sur son efficience. Alors je prends date: cette loi décevra, comme tant d'autres , me direz-vous, ce qui est largement à l'origine du désenchantement actuel à l'égard du système politique. 

Cette loi décevra aussi parce que c'est une loi socialiste, autrement dit d'une formidable hypocrisie. Depuis qu'elle est votée, on fait croire au bon peuple qu'on a mis un terme à cet abominable cumul des mandats. Mais c'est évidemment un mensonge supplémentaire du quinquennat qui s'achève. Cette loi n'interdit le cumul que pour les parlementaires. Mais sachez le: votre maire pourra encore être aussi Président d'un intercommunalité et conseiller régional ou départemental. Autrement dit, seuls les députés ou sénateurs-maires, c'est à dire le cumul plébiscité par les électeurs, disparaîtront cette année. Mais ça, personne ne vous le dit bien sûr.

Une loi stupide, socialiste et hypocrite, donc une mauvaise loi comme toutes celles qui sont le fruit de vieilles idées. Regardez ce qu'a donné cette vieille rengaine de la fusion des régions. Alors, sans doute parce que je garde au fond de moi une forme de naïveté, je m'étais dit qu'il y aurait bien, parmi les concurrents à cette fameuse Primaire, un candidat pour décider d'y renoncer. Nicolas Sarkozy était le seul à s'y être engagé à travers la promesse d'un référendum permettant le maintien du cumul de 2 mandats quels qu'ils soient, mais réduisant de 30% le nombre de parlementaires. Je le rappelle aujourd'hui car chacun sait que personne ne lit les programmes des candidats, ce qui explique souvent au lendemain des elections des réveils douloureux. On sait le sort qu'ont réservé les électeurs à Nicolas Sarkozy, y compris des colleurs d'affiches socialistes ou des sympathisants bien connus que nous avons vu donner 2 euros, sans état d'âme, pour lui signifier leur haine, dans ce que les commentateurs ont tous considérés comme un formidable succès démocratique. Sarkozy éliminé, Il ne pouvait plus y avoir de miracle. Mais quelle déception d'entendre certains prétendre qu'il n'était pas possible de revenir sur une mesure appréciée des électeurs, attitude si éloignée du gaullisme dont ils se réclament parfois. La où il y a une volonté, Il y a un chemin: qu'il semble loin ce temps ou un chef d'Etat se devait d'entraîner sur une voie qu'il avait tracée plutôt que d'être un suiveur, balloté au gré de l'air du temps.


Reste qu'il me faut choisir. Première hypothèse: arrêter l'action que je mène depuis bientôt 3 ans à la tête d'Amiens Métropole. En Mars 2014, nous avons trouvé une ville et une agglomération à l'arrêt, que l'incompétence de nos prédécesseurs avait comme anesthésié. Un grand hôpital conçu sans dessertes de transport en commun ou routière efficaces, des Zones d'Amenagement Concertées, les ZAC , vides de logements, une activité économique atone et minée par un conflit social sans précédent animé par une poignée d'irresponsables encouragés par les élus sur les murs mêmes de la mairie, tandis que recevoir des entrepreneurs était tabou pour mon prédécesseur, un chantier de la citadelle mal préparé avec, entre autres défauts, 25 places de parkings pour 4000 étudiants et professsurs, des agents municipaux parfois démobilisés comme 300 d'entre eux en congés de maladie à la charge de la collectivité, un projet de tramway dispendieux et pas financé, des équipements culturels et sportifs pas entretenus, une politique de tri des ordures ménagères très en retard, et des impôts locaux à leur maximum et la promesse d'une augmentation nouvelle du versement transport payé par les entreprises de plus de 10 salariés. 

La machine est de nouveau en marche. Notre politique est lisible par tous: priorité à l'investissement sans augmentation des impôts et des taxes et avec une gestion rigoureuse des frais de fonctionnement de la collectivité. De premiers succès viennent récompenser nos efforts et nous connaissons aussi de mauvaises nouvelles. Mais malgré le handicap de la perte du statut de capitale régionale, malgré la purge financière imposée par l'Etat( - 31 millions d'euros de subventions depuis 2014),nous construisons l'avenir de la ville grandeur nature qui est à portée de nos rêves. Le musée rénové, nos futurs lignes électriques de bus dans une ville transformée par les aménagements, un centre aquatique offrant de nouveau une piscine découverte, un parc zoologique de haut niveau, une politique déchets ménagers avec 3 déchetteries nouvelles et une baisse de la taxe, un réseau de chaleur exemplaire, une citadelle dédiée aux étudiants mais aussi aux touristes, le développement économique notamment à travers les clusters énergie santé et numérique: tout ceci sera tangible en 2019. Mais la tâche ne s'arrêtera pas la et les projets ne manquent pas, bien au delà de 2020...Abandonner cette aventure, telle est est la première solution au problème posé par le non cumul de mandats.

La deuxième consiste à arrêter une belle histoire écrite depuis 1993 au Palais Bourbon, certes interrompue par une décision "aventureuse" en 1997, mais poursuivie, des 2002 ,même en dépit de vents parfois contraires. Lorsque de 1978 à 1981, le parti Républicain auquel j'appartenais m'avait permis de rencontrer de nombreuses personnalités et donc de désacraliser la fonction de parlementaire, je n'aurais jamais imaginé être un jour au terme de mon 4 eme mandat de député. Et en assistant la semaine dernière à la dernière séance de questions d'actualité de la mandature, je repensais à tous ces moments intenses vécus dans l'hémicycle ou dans une des autres salles de l'Assemblee. Je n'aurais jamais imaginé non plus, à peine deux ans après mon arrivée, prendre la tête de la commission d'enquête sur les sectes qui allait connaître une triste publicité avec le prétendu suicide collectif de l'ordre du temple solaire. De la publication du rapport, sont venues s'enchaîner des dizaines de réunions publiques dans toute la FRANCE, des visites tres médiatisées dans des sectes, un livre, la mise en place de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires et un positionnement courageux de notre pays à l'égard de ce fléau. Je revoyais aussi les autres autres commissions d'enquêtes auxquelles j'ai participé comme celle concernant il y a 20 ans déjà les dettes de la SNCF, ou celle , passionnante sur la fin de vie avec son issue, la loi Leonetti, plus récemment celle consacrée à Goodyear que j'ai présidée et qui m'a permis de mieux comprendre ce qui avait pu être à l'origine d'un tel désastre social. Je me remémorais la loi de 2004 sur la décentralisation dont j'avais été le rapporteur en seconde lecture en lieu et place de mon ami Marc Philippe DAUBRESSE devenu ministre. Je repensais à mon rapport au sein de l'office parlementaire des choix scientifiques et technologiques, sur la dangerosité supposée pour la santé des téléphones portables et de ses antennes. Rien de tel pour prendre conscience de la singularité française, celle de déclencher des débats interminables sur des sujets qui font sourire dans le reste du monde. Je revoyais les débats techniques et mon rapport sur le principe de précaution partage avec un collègue socialiste, rapport qui reste d'actualité pour concilier prudence et développement économique, ou bien l'étude sur les pesticides ou encore sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Je me souvenais encore du vote unanime de tous les députés pour unifier le personnel de Voies Navigables de FRANCE, établissement public que j'ai eu l'honneur de présider, durant 5 ans,à la demande du Président de la Republique de l'époque. Je me revoyais affronter directement Dominique de Villepin, 1er Ministre, pour lui reprocher sans ménagement son absence de réaction alors que des ministres de son gouvernement annonçaient qu'ils préféreraient Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy en 2007. Je pensais aussi à cette législature qui m'avait permis d'assumer durant 2 ans la fonction de vice Président de la commission des transports et du développement durable ou de co-présider avec mon remarquable collègue socialiste Gilles Savary, Avenir Transport, la seule association dont le siège est à l'Assemblee Nationale et qui nous donne l'occasion d'aborder tous les sujets de transport avec les meilleurs spécialistes du domaine. Ce court résumé de 19 ans de mandat législatif vous fera sans doute mieux apprécier le dilemme auquel je suis confronté. 

Alors, j'ai beaucoup réfléchi, j'ai consulté et puis je me suis interrogé sur les sources de motivation. Pour tout vous dire, je ne suis peut être pas un homme politique comme les autres. Je me suis engagé pour défendre des convictions et je m'y suis tenu quitte à parfois ne pas envoyer dire ce que je ressens ce qui surprend parfois, dérange certains. Et j'ai toujours aimé être entraîné par un leader. Il y en eut trois. D'abord Valéry Giscard d'Estaing dont la formidable intelligence m'a toujours bleufé, encore aujourd'hui à 90 ans où sa lucidité est admirable. Puis il y eut Francois Leotard, une belle personne, impressionnant de proximité et de culture, dont le talent méritait mieux que cette trajectoire brisée. Et puisqu'on est entre nous, je vais vous faire une confidence. Lorsqu'en 2004, un candidat du Front National, jamais vu durant la campagne , en se maintenant au 2eme tour, a provoqué l'élection d'une socialiste dans ce canton de Corbie, je me suis dit que décidément la vie politique était trop ingrate ou injuste. Et alors que j'allais accepté la proposition de reconversion d'un grand groupe industriel, la formidable vitalité de Nicolas Sarkozy, son sens politique hors du commun, ses talents d'orateur et, ce que l'on sait beaucoup moins, son sens de la fidélité en amitié et sa simplicité que j'ai découvert beaucoup plus tard, tout ceci m'a décidé à l'accompagner donc à me représenter en 2007. Aujourd'hui, cette inspirateur, ce carburant indispensable pour moi qui justifie que l'on sacrifie beaucoup, notamment son entourage, pour être impliqué dans la vie politique nationale, cette motivation suprême, je ne la retrouve plus dans le panorama actuel.

Quand je me suis engagé en politique, je me suis juré de me livrer totalement pour ne pas avoir de reproches à me faire. S'agissant de la politique nationale, je ne suis pas certain d'être en mesure de respecter cet engagement. Ceci s'ajoutant à mon désir de ne pas abandonner en cours de route mes amis de Rassemblés pour Amiens, j'ai finalement pris la décision de ne pas me représenter aux élections législatives en Juin prochain. Mais pas question pour moi de dire, après moi le déluge ! j'ai donc pris deux autres décisions. La première, c'est de ne pas me désintéresser de la désignation de mon successeur. Pendant que j'espérais encore trouver un leader courageux capable de tirer les conséquences d'un texte que beaucoup considèrent comme mauvais, donc le supprimer, je m'étais dit que je pourrais peut être faire un dernier mandat. Mais cela n'était concevable à mes yeux qu'en préparant la suite. C'est la raison pour laquelle depuis bientôt deux ans, je suis très souvent accompagné de Martin Domise. Il y a dix ans, a 17 ans, ce jeune Moreuillois ouvrait toutes mes réunions publiques en prononçant un discours qu'il avait écrit seul. C'est la raison pour laquelle je lui ai demandé, après son mandat de conseiller municipal de Moreuil, de venir se confronter aux électeurs dans un mandat de proximité à Amiens. Les resultats sont au delà de mes espérances. Et depuis un an, Il exerce des responsabilités que lui a confiées Xavier Bertrand au sein du Conseil Régional des Hauts de France. Je proposerai donc à la commission nationale d'investiture de mon parti qu'il soit investi à ma place. Contrairement à ce que certains peuvent penser, on ne s'improvise pas candidat aux législatives, on s'y prépare, on y travaille. Je l'avais fait durant des mois. Martin en a fait de même. Il ne s'est pas contenté de dire qu'il est passionné par la chose publique. Il n'a pas simplement compté sur des qualités supérieures à la moyenne. Je vous le dis: il est prêt.

Pour autant, le contexte , vous le connaissez. Ce ne sera pas simple. J'ai donc pris comme 2eme décision d'être son suppléant. C'est bien la moindre des choses pour cette circonscription, à qui je dois tant et que j'ai eu tant de bonheur à représenter à l'Assemblee Nationale.

Voilà, chers amis. Vous avez compris que si une proximité si ancienne avec certains d'entre vous va nécessairement s'estomper, ce n'est pas une rupture brutale et définitive que je vous annonce ce soir. Je souhaite que nous prolongions une complicité que vous pourrez construire dans le même temps avec Martin. Et lorsque la Commission Nationale d'Investitures aura rendu son verdict que j'espère bien sûr favorable, je vous demanderai de faire bloc derrière nous. Voter des mesures qui fassent oublier le quinquennat désastreux que nous venons de vivre, c'est pour cela qu'il faut faire de Martin Domise votre prochain député. Dans l'attente, comment ne pas conclure par un immense Merci pour ce que vous m'avez apporté, ce que je n'oublierai jamais. 

Merci mille fois et à très bientôt.

COMMENTAIRES
Postez votre commentaire
* Nom :
* Message :
Reload Image
* Code :
* champs obligatoires
Retour
Le 01 mai 2017
Mairie de Corbie à 18h00

toutes les permanences